Insomnie, panne d’oreiller,
tous mes rêves en berne, piaffent d’impatience
Insomnie je te retrouve souvent au « middle nuit »,
Sorte de bouge de la der’ des chances,
Ou se r’trouvent les paumés, sous le néon bleuté des songes en partance,
Assis sur ma valoche, tout trempé de sueur,
la main dans les cheveux, m’assouplissant les sens
Je sais que mon sommeil chagriné, est parti en vacances
Insomnie,
on peut dire de toi, que tu étends les heures
Tu dégommes au K O, des grands, des biens costauds,
les allonges comme du beurre
Insomnie, reine de l’utopie, pourfendeuse de nuits,
qui sont tous ces amants que tu leurre ?
Si bien qu’à ton appel, en adeptes asservis,
ils se mettent à danser tels des Derviches tourneurs
Tu ne relâche pas la proie prise dans tes filets,
tu l’accroche, au plus profond du cœur
Insomnie ma jolie, je suis dev’nu ton Jules
Roi des non endormis, prince des noctambules
Insomnie ma chèrie, t’as voulu êt’ ma poule
Chaque nuit dans tes bras, je redeviens maboule
Trahissant mes draps froissés, je leur fausse compagnie, ils me traitent de faux frère
De ce temps dévoyé, ce stand-by forcé,
que vais-je donc en faire
Sinon tremper ma plume dans l’encrier,
y chercher cendrillon, en beaux souliers de verre
Charivari de mots tournoyants,
je m’assois, à la lueur pali-chotte du frigidaire
Je couche sur un bout de papier lazer,
Maladroit, quelques vers
Peut être est-ce un soulèvement,
une grève organisée des paupières
Une de celle qui ne prévient pas,
une rebelle, une contestataire
Pourtant drapée dans son plus bel habit,
elle survole hautaine, les pensées ordinaires
Et me livre ses secrets, ourlés des plus beaux mots puisés aux fonds des sept mers
Je sens encore le vent salé et mutin
de nos nuits à l’envers
Insomnie ma jolie, je suis dev’nu ton Jules
Roi des non endormis, prince des noctambules
Insomnie ma chèrie, t’as voulu êt’ ma poule
Chaque nuit dans tes bras, je redeviens maboule